dimanche 1 novembre 2009, 00:00
La vie de Marguerite Buffard : un livre à lire absolument.
Je viens de terminer un ouvrage bouleversant que je vous invite à découvrir. Il s’agit de « MARGUERITE », de Christian Langeois. Une biographie de Marguerite Buffard-Flavien (1912-1944) que publie « le cherche midi ». Ce livre, disponible en librairie à compter du 5 novembre 2009, à l’immense mérite de sortir de l’oubli de la mémoire collective ce que fut la vie, l’engagement et le sacrifice d’une intellectuelle, dirigeante communiste, qui a enseigné au lycée de Jeunes filles de Troyes (aujourd’hui lycée Marie de Champagne), avant d’en être révoqué le 17 décembre 1939. L’ignorance qui jusqu’à maintenant entoure ce que fut le parcours militant et de vie de Marguerite Buffard est assez incroyable lorsque l’on sait
qu’elle fut avant son arrivée à Troyes responsable régionale du Parti communiste en Normandie et que l’on découvre l’incroyable engagement de cette femme contre le fascisme. Incontestablement Marguerite Buffard est une femme d’exception pleinement engagée dans la vie au nom d’un idéal humaniste.
Née Dans le Jura en 1912, élève de l’Ecole Normale Supérieure de Sèvres, elle devient professeur de philosophie et s’engage en 1934 dans le combat antifasciste. En 1935 elle adhère au parti communiste. Elle enseigne successivement à Colmar, Caen puis Troyes. Sa fidélité au parti communiste lui vaudra d’être révoqué en décembre 1939. Ne lâchant pas prise, elle s’embauche comme « formeur » dans une bonneterie, de la Chaussée du Vouldy à Troyes puis, exclue du PCF, avec des motivations qui restent, pour moi, troubles elle rejoint la ferme de son mari Jean Flavien à Voué (Aube). Jean Flavien était responsable régional du PCF (Aube-Haute Marne), avant sa mobilisation et son emprisonnement durant toute la durée de la guerre. Internée en 1942 au camp de femmes de Monts, près de Tours, elle participe l’une des rares révoltes contre la mauvaise nourriture. Transférée de ce fait à Mérignac, près de Bordeaux, elle s’évade en décembre 1943 et rejoint la résistance à Lyon. Agent de renseignement à l’inter-région FTP, dénoncée elle est arrêtée par la Milice le 10 juin 1944. Le 13 juin elle se défenestre du troisième étage du siège de la Milice. Elle meurt le jour même sans avoir parlé « Marguerite » est le premier livre de Christian Langeois. Dans cet ouvrage l’auteur reconstitue parfaitement la vie brisée de Marguerite Buffard-Flavien sur la base d’archives et d’une très riche correspondance (en particulier avec son mari prisonnier en Allemagne) restées jusqu’ici dans la sphère privée. Ce livre très bien documenté, préfacé par Odette Nilès et postfacé par Roger Bourderon, est passionnant et lève enfin un coin sur une partie de notre histoire par trop jusqu’ici occultée. Ce livre nous en apprend aussi beaucoup sur la solidarité et la résistance « en actes » de toute la famille Flavien à partir de leur ferme de Voué et sur les vicissitudes d’une époque tourmentée, dure, implacable… Des initiatives d’échanges avec l’auteur, autour de son ouvrage seraient des plus enrichissantes.
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